L’île du Diable dans l’archipel des Îles du Salut

En Guyane française, en Amérique du Sud, et plus précisément à Cayenne, vous trouverez les trois Îles du Salut, ainsi nommées parce qu’elles offraient un environnement plus sain que le continent aux chercheurs d’or français des années 1760.

À environ 10 km de la côte de Kourou, les îles tropicales connues sous le nom d’Île du Diable, Île St. Joseph et Île Royale ont un feuillage abondant et des vues superbes, et abritent un centre de villégiature, mais elles n’ont pas toujours eu une réputation luxueuse. Ce fut tout d’abord un pénitencier dans lequel les forçats restaient pour la perpétuité.

L’Histoire de l’île de Diable

De 1852 à 1953, sous l’empire de Napoléon III, les îles étaient le site d’une colonie pénitentiaire tristement célèbre appelée « l’enfer vert ». Au fil des ans, plus de 80 000 hommes ont été transportés au bagne de l’île du Diable. Ces hommes déportés venaient de tous les horizons. L’un des plus célèbres fut le capitaine de l’armée française Alfred Dreyfus, qui fut reconnu coupable de trahison, déchu de son grade et de son honneur, et envoyé en prison.

Les prisonniers étaient placés en fonction de leur statut. Les criminels les moins menaçants se trouvaient sur l’île Royale, où se déroulaient les activités administratives, ainsi que la caserne des gardes, la chapelle, le phare et l’hôpital de la prison. Les prisonniers dangereux étaient gardés sur l’île Saint-Joseph, tandis que ceux qualifiés de plus dangereux et les prisonniers politiques comme Dreyfus étaient sur l’île du Diable, la zone la moins hospitalière.

Plus tard, l’île du Diable a fait partie du système pénitentiaire développé en Guyane française. D’autres emplacements se trouvaient sur le continent et sur les deux autres îles, mais au fil du temps, l’ensemble de la colonie pénitentiaire a fini par être appelée l’île du Diable.

Des milliers de personnes sont mortes dans la colonie pénitentiaire, que ce soit en essayant de s’évader, de causes naturelles, de maladies ou de traitements brutaux. Pendant toute la durée du système carcéral de l’île du Diable, seuls 30 000 prisonniers ont survécu. Les prisonniers qui ont survécu à leur peine ont été condamnés à passer le reste de leur vie en Guyane française.

L’île du Diable dans la culture populaire

L’île du Diable est devenue une icône carcérale populaire dans le cinéma et la littérature. La tristement célèbre affaire Dreyfus, qui relate la condamnation injuste du capitaine français, a été reprise dans la littérature, au cinéma et sur scène.

Les tentatives d’évasion de « l’enfer vert » étaient fréquentes et la plupart du temps infructueuses. Henri Charrière, l’auteur de Papillon, dont le film avec Steve MC Queen et Dustin Hoffman, est devenu célèbre, raconte les efforts d’un homme pour s’échapper.

La prison a été fermée au début des années 1950, peut-être à la suite de la publicité négative engendrée dans le monde entier par l’ancien prisonnier René Belbenoît, qui s’est évadé aux États-Unis et a publié son livre Dry Guillotine en 1938.

Le paysage de l’île du Diable

Les frontières de l’île du Diable sont délimitées par des marécages et des courants rapides.Il y a également la présence de requins. Cet environnement naturel faisait de cette île un site de prison idéal.

Comme les rivages rocheux et les mers agitées rendaient l’île du Diable inaccessible, il y avait autrefois un système de câble depuis Saint-Joseph, qui se trouvait à 200 mètres, pour les marchandises et les personnes.

Une végétation luxuriante, des palmiers et des forêts recouvraient les îles, masquant l’eau au-delà. Laissée à la nature, la croissance tropicale a recouvert la plupart des ruines de la tristement célèbre colonie pénitentiaire.