Vous connaissez sans doute le pamplemousse. Pourtant, le fruit jaune à chair claire, rose ou rouge vendu sous ce nom en métropole est généralement un pomélo. Botaniquement, les deux ne sont pas identiques : le véritable pamplemousse correspond à Citrus maxima, tandis que le pomélo ou grapefruit correspond à Citrus × paradisi, un hybride issu du pamplemoussier et de l’oranger doux.
En Guyane, le fruit de Citrus maxima est couramment appelé chadek. Ce gros pamplemousse à peau épaisse est donc bien plus proche du véritable pamplemousse botanique que du « pamplemousse rose » habituellement vendu dans les supermarchés métropolitains.
Pourquoi une confusion entre chadek, pamplemousse et pomélo ?
La confusion vient essentiellement des noms vernaculaires. En français botanique et horticole, le pamplemousse est le fruit de Citrus maxima. Le pomélo est le fruit de Citrus × paradisi. Dans l’usage courant français, cependant, le mot « pamplemousse » s’est largement imposé pour désigner le pomélo.
| Fruit | Nom botanique | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Chadek ou pamplemousse | Citrus maxima | Très gros fruit, écorce et partie blanche épaisses, forme ronde ou parfois piriforme |
| Pomélo | Citrus × paradisi | Plus petit, peau plus fine, chair souvent très juteuse, blanche, rose ou rouge |
La situation devient encore plus déroutante lorsqu’on change de langue. En anglais, pomelo ou pummelo désigne généralement Citrus maxima, alors que le fruit appelé pomélo en France est le grapefruit anglophone.
Le nom « chadek » appartient lui-même à cette histoire. Il est apparenté au terme anglais shaddock. Des sources horticoles anciennes rapportent que des graines de pamplemoussier auraient été apportées à la Barbade au XVIIe siècle par un capitaine nommé Shaddock ou Chaddock. L’existence d’un marin portant ce nom à cette période est documentée, mais les détails exacts de l’introduction du fruit restent moins certains que ne le laisse entendre la légende souvent répétée.

Le chadek parmi les fruits de Guyane
Le chadek est le nom employé en Guyane pour désigner Citrus maxima. Plusieurs graphies coexistent. Chadek est particulièrement courant en Guyane ; chadèque est également employé aux Antilles françaises et en Haïti ; chadeck constitue une autre variante orthographique rencontrée en Guyane comme aux Antilles. Il ne s’agit pas de trois espèces différentes.
Originaire d’Asie tropicale, Citrus maxima est aujourd’hui cultivé bien au-delà de son aire d’origine. En Guyane, le chadek est présent dans les productions locales et sur les marchés. La communauté Hmong occupe historiquement une place importante dans la production guyanaise de fruits et légumes, ce qui explique également la présence de nombreux végétaux d’origine asiatique dans les exploitations et sur les étals.
Parmi les fruits de Guyane, le chadek se distingue facilement d’une mangue, d’une papaye ou d’un maracudja par son appartenance aux agrumes et surtout par son volume. Il fait partie des produits que l’on rencontre dans la cuisine et les marchés guyanais, aux côtés d’ingrédients très différents comme l’huile de dende ou le poivre de Cayenne. Pour qui cherche à découvrir un fruit de Guyane moins connu en métropole, le chadek est donc un exemple particulièrement représentatif des échanges entre productions tropicales, traditions antillaises et influences asiatiques.
Le chadek, c’est un véritable pamplemousse
Le chadek, fruit de Citrus maxima, est généralement beaucoup plus gros qu’un pomélo. Son écorce peut être verte, vert-jaune ou jaune selon la variété et le degré de maturité. Sous cette écorce se trouve une couche blanche spongieuse particulièrement épaisse. Les graines, lorsqu’elles sont présentes, sont également nettement plus grosses que celles rencontrées dans la plupart des pomélos.
La forme dépend du cultivar : certains fruits sont presque sphériques, tandis que d’autres sont légèrement allongés et ressemblent à une grosse poire. La surface peut être relativement lisse ou plus irrégulière. La chair peut être blanche, jaune pâle, rose ou rouge.
Il n’est en revanche pas exact d’affirmer que tous les chadeks sont systématiquement plus juteux qu’un pomélo. Citrus maxima possède souvent une pulpe plus ferme dont les vésicules se séparent facilement, tandis que de nombreux cultivars de Citrus × paradisi ont été sélectionnés précisément pour leur abondance de jus. Le goût du chadek varie également selon les variétés : doux, acidulé, légèrement amer ou plus franchement amer.
Il s’agit du plus volumineux des agrumes. Certains cultivars atteignent plusieurs kilogrammes. Le record Guinness vérifié en janvier 2023 pour un pomelo de type Banpeiyu, appartenant lui aussi à l’espèce Citrus maxima, est de 5,528 kg. Le fruit mesurait 26 cm de diamètre et 28 cm de hauteur. Les très gros spécimens dépassant 4 kg ne constituent toutefois pas la taille habituelle d’un chadek vendu sur un marché guyanais.
Quand trouve-t-on le chadek en Guyane ?
En Guyane, il serait trompeur de réduire la saison du chadek à quelques mois fixes. Les mercuriales officielles des marchés de Guyane pour l’année 2025 ont relevé un prix pour les chadèques durant chacun des douze mois. Cela montre une présence commerciale tout au long de l’année, même si les quantités disponibles peuvent varier selon les producteurs, les floraisons et les récoltes.
Cette situation diffère des calendriers souvent donnés pour les agrumes cultivés en climat subtropical ou pour certains cultivars de Citrus maxima produits en Asie, dont les récoltes sont beaucoup plus concentrées. Pour un achat en Guyane, l’état du fruit est donc plus utile que le mois du calendrier.
Comment choisir et conserver un chadek ?
La couleur seule ne permet pas de déterminer correctement la maturité. Un chadek peut conserver une écorce largement verte tout en étant consommable. Les variétés de Citrus maxima présentent naturellement des écorces allant du vert-jaune au jaune-orangé.
| Point à contrôler | Ce qu’il faut rechercher |
|---|---|
| Poids | Un fruit qui paraît lourd par rapport à son volume |
| Écorce | Une peau intacte, sans moisissure, fissure profonde ni grande zone dégradée |
| Fermeté | Un fruit ferme, sans partie franchement molle ou affaissée |
| Couleur | Verte à jaune selon la variété ; elle ne doit pas être utilisée comme seul critère |
Grâce à son écorce et à son épaisse couche spongieuse, le fruit entier supporte relativement bien la conservation. Il faut le garder dans un endroit frais, sec et aéré, ou au réfrigérateur si une conservation plus longue est nécessaire. Une fois ouvert, la protection naturelle offerte par l’écorce disparaît : les quartiers doivent être placés au réfrigérateur dans un récipient fermé et consommés rapidement.
Comment découper et manger un chadek ?
Le chadek possède une peau beaucoup plus épaisse que celle d’une orange ou d’un pomélo. Une simple incision de l’écorce facilite donc nettement l’épluchage.
- Laver et sécher le fruit.
- Couper les extrémités ou pratiquer plusieurs incisions verticales dans l’écorce sans entailler profondément la chair.
- Retirer la peau épaisse et la partie blanche spongieuse.
- Séparer les quartiers.
- Retirer la membrane résistante qui entoure chaque quartier pour ne conserver que la pulpe.
Le fruit peut également être coupé dans le sens de la hauteur, comme cela se pratique souvent avec les très gros spécimens. La pulpe se mange seule ou dans une salade de fruits. Sa texture ferme permet de séparer les quartiers sans les écraser aussi facilement que ceux d’un pomélo très juteux.
Il est possible de remplacer l’orange ou le citron par du chadek dans certaines recettes, mais pas nécessairement dans les mêmes proportions. Le chadek est généralement moins acide qu’un citron et son amertume varie fortement d’un fruit à l’autre : l’assaisonnement doit donc être ajusté après dégustation.
Confiture, écorce confite et jus : comment utiliser le chadek ?
Le chadek ne se limite pas à la consommation du fruit frais. Son écorce particulièrement épaisse explique notamment son utilisation traditionnelle en confiserie et en cuisine antillaise.
| Utilisation | Partie employée | Préparation |
|---|---|---|
| Fruit frais | Pulpe | Quartiers nature ou salade de fruits |
| Confiture | Pulpe | Cuisson avec du sucre ; des confitures de chadeck sont notamment produites en Guyane |
| Chadèque confit | Écorce et partie blanche | Cuisson et confisage après désamérisation |
| Jus | Pulpe | Pressée seule ou associée à d’autres fruits |
| Salades et plats salés | Pulpe | Quartiers débarrassés de leur membrane puis associés à des légumes, poissons ou autres ingrédients |
L’écorce contient des composés amers. Pour réaliser un confit, elle est donc généralement trempée ou blanchie avant le confisage afin d’atténuer cette amertume. Cette préparation permet de valoriser une partie du fruit qui représente une proportion beaucoup plus importante que chez une orange classique.
Les bienfaits du chadek : ce que l’on peut réellement affirmer
La pulpe de Citrus maxima contient principalement de l’eau et des glucides, ainsi que des fibres. La vitamine C est son micronutriment le plus notable. On y trouve également de petites quantités de plusieurs vitamines du groupe B et de minéraux, notamment du potassium. Il est en revanche excessif de présenter le chadek comme une source particulièrement importante de provitamine A : ce n’est pas la caractéristique nutritionnelle qui distingue ce fruit.
La peau, la pulpe, les graines, les feuilles et les fleurs de Citrus maxima apparaissent dans différentes pharmacopées traditionnelles. Des préparations à base d’écorce ont notamment été utilisées traditionnellement contre la toux, tandis que des usages de la fleur comme préparation calmante sont rapportés dans certaines régions. Ces usages ethnobotaniques ne prouvent pas qu’un chadek puisse traiter la toux, les troubles du sommeil ou une autre maladie.
La peau intéresse aussi la parfumerie, les arômes et la cosmétique en raison de son huile essentielle et de ses composés aromatiques. Des recherches expérimentales ont étudié des extraits de Citrus maxima pour leurs activités antioxydantes, antimicrobiennes ou anti-inflammatoires. Une activité observée sur des cellules, des micro-organismes ou des modèles animaux ne permet toutefois pas d’attribuer le même effet thérapeutique à la consommation du fruit chez l’être humain.
Questions fréquentes sur le chadek
Qu’est-ce que le chadek ?
Le chadek est le nom couramment donné en Guyane au fruit de Citrus maxima. C’est le véritable pamplemousse botanique, également appelé chadèque, chadeck, shaddock ou pummelo selon les régions et les langues. Il se reconnaît notamment à sa grande taille et à son écorce très épaisse.
Quelle difference entre chadek, pamplemousse et pomelo ?
Le chadek et le véritable pamplemousse appartiennent à la même espèce, Citrus maxima. Le pomélo, Citrus × paradisi, est un hybride issu du pamplemoussier et de l’oranger doux. En France, le mot « pamplemousse » est néanmoins très souvent utilisé dans le langage courant pour désigner ce pomélo, d’où la confusion.
Comment manger un chadek ?
Il faut retirer sa peau épaisse, séparer les quartiers puis enlever la membrane qui entoure la pulpe. Le chadek se mange nature, en salade de fruits, en jus ou dans des préparations salées. Sa pulpe peut aussi servir à confectionner de la confiture, tandis que son écorce peut être désamérisée puis confite.

